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L’agroforesterie qui cache la forêt (disparue) ?

Les projets d’agroforesterie fleurissent dans les discours de la plupart des acteurs de chocolat.
L’agriculture, en Europe, se pratiquant depuis un certain nombre d’années majoritairement en monoculture, l’agroforesterie nous apparait comme un modèle innovant et révolutionnaire… Or, dans son environnement naturel, le cacaoyer pousse sous ombrage et côtoie de nombreuses autres espèces végétales. Dans des zones où le cacao a été installé sur des terres déforestées ou dégradées et est cultivé en monoculture, l’agroforesterie constitue tout simplement un retour nécessaire vers le bon sens.
Dans cet article, il n’est pas question de minimiser l’utilité des systèmes agroforestiers mais simplement de replacer justement la pratique de l’agroforesterie dans son contexte et face aux enjeux qui concernent l’ensemble de la filière cacao.

 

Définition de l’agroforesterie

L’agroforesterie consiste à associer la production d’arbres avec d’autres cultures ou même de l’élevage. Chez Kaoka, nous défendons depuis de nombreuses années un système agroforestier complexe constitué de nombreuses espèces pour favoriser la biodiversité.

Même si nous sommes modestes dans notre communication, dans les filières Kaoka, nous avons mis en place depuis plusieurs années d’importants programmes de restauration des plantations, qui le nécessitaient, en agroforesterie.

Par exemple, au Pérou, la coopérative de producteurs avec laquelle nous travaillons est située dans une zone où les forêts ont été anciennement coupées pour cultiver la coca de manière intensive. Avec l’appui de l’UNODC, la culture du cacao est devenue une voie de développement pour les producteurs locaux. Pour faire face à l’état fortement dégradé des sols, nous avons mis en place un  programme d’agroforesterie.

CHIFFRES-CLÉS 248ha de plantations ont été convertis en systèmes agroforestiers ces deux dernières années, au Pérou. Et sur l’ensemble de nos filières, près de 143 000 plants ont été distribués aux producteurs pour pérenniser leurs plantations.
rive de plantation reboisée pour éviter l'érosion lors des crues
À gauche: reboisement des rives pour éviter l’érosion et la perte de cacaoyers lors des fortes crues | À droite : pépinières de plants de cacao forts et productifs pour la densification des plantations

 

Pour prendre un autre exemple, dans notre filière cacao à São Tomé, les plantations sont déjà naturellement des systèmes agroforestiers et ne nécessitent pas la mise en place de programme d’agroforesterie aussi conséquents.

 

Pourquoi fait-on pousser le cacao en agroforesterie ?

  • Pour rétablir un couvert végétal malheureusement disparu sur les parcelles de cacaoyers (reconversion des zones déjà déforestées)
  • Pour permettre aux producteurs de bénéficier de revenus complémentaires (espèces vivrières)
  • Pour maintenir ou rétablir une bonne structure du sol grâce au couvert végétal et l’apport en matière organique généré par les espèces végétales
  • Pour protéger les cultures contre les aléas climatiques (sécheresse ou inondations) grâce au rôle positif des arbres dans la filtration de l’eau dans le sol
Exemple de culture vivrière qui pousse dans les plantations de cacao situées en Amazonie (Colombie, Pérou, etc)

 

Est-ce que l’agroforesterie permet de garantir un cacao zéro déforestation ?

L’agroforesterie est un moyen d’améliorer les revenus des producteurs grâce à la culture d’espèces vivrières mais ne suffit pas à lutter contre la déforestation. Elle n’empêche pas la dégradation de nouvelles zones forestières ou encore l’extension de nouvelles zones de culture au détriment de la forêt. Or, il est important de souligner, comme le rappelle notamment l’IDDRI, que la biodiversité au sein d’une parcelle de cacao n’est pas comparable avec la biodiversité d’une forêt naturelle : cultiver le cacao en agroforesterie ne permet donc pas de compenser la déforestation.

Pour faire face aux enjeux de dérèglement climatique et de perte de biodiversité, nous savons qu’il est prioritaire de préserver les forêts encore intactes en évitant leur déforestation ou leur dégradation. Donc finalement quelles sont les garanties de tous ces acteurs du chocolat, fervents défenseurs de l’agroforesterie, pour garantir un cacao vraiment zéro déforestation?

Quelles actions Kaoka a mis en place pour garantir un cacao zéro déforestation ?

La déforestation peut intervenir par nécessité de produire plus et de manière sous-jacente d’améliorer un revenu. L’amélioration des revenus est un sujet de fond chez Kaoka, sur lequel nous travaillons depuis près de 30 ans. C’est pour cette raison que nous nous engageons sur le long terme avec nos partenaires producteurs et que nous leur offrons de vraies garanties économiques :

  • accompagnement dans l’amélioration de leurs récoltes grâce à des programmes de rénovation (mise en place de pépinières de plants productifs, accessibles aux producteurs ; formation agronomique pour rénover les arbres devenus improductifs ; distribution de compost pour améliorer la fertilité des sols),
  • engagement d’achat de l’intégralité de leurs récoltes,
  • prix d’achat supérieur au marché.

Pour en savoir plus, découvrez notre démarche équitable.

Kaoka et les producteurs cherchent des solutions ensemble face aux enjeux de la filière cacao : conversion des plantations en systèmes agroforestiers, restauration des sols, etc

 

C’est l’ensemble de ces solutions qui permettent d’améliorer durablement les revenus de nos partenaires producteurs et d’éviter la dégradation de nouvelles zones forestières.
Mais ce n’est pas tout car chez Kaoka, nous aimons aller jusqu’au bout des choses. Si ces solutions permettent d’éviter la dégradation ou la déforestation, sont-elles suffisantes pour garantir un cacao zéro déforestation ? Pas vraiment.

 

 

Suivi de l’évolution paysagère des zones de production

Pour apporter une véritable garantie à nos clients, nous travaillons sur le suivi de l’évolution paysagères des zones de production de nos filières cacao. En effet, notre proximité avec nos partenaires producteurs, possible grâce à notre modèle de filières intégrées, nous permet de mettre en place des projets aussi techniques que pointus.
Préalablement géolocalisées avec un point GPS, les bordures des parcelles de nos partenaires producteurs sont en cours de détourage et de digitalisation. La création de ces polygones nous permettra de vérifier que les plantations ne s’agrandissent pas, dans le temps, au détriment des zones forestières.

CHIFFRES-CLÉS 100% des parcelles de nos partenaires producteurs ont été géolocalisées avec un point GPS et 75% d'entre elles ont été dérouréss et digitalisées.

 

carte satellite des contours et des périmètres des plantations de cacao à São Tomé
Extrait d’une image satellite sur laquelle sont appliqués les périmètres cartographiés des plantations de nos partenaires producteurs à São Tomé

 

S’engager avec des accords de conservation des forêts

Pour aller plus loin, nous sommes en train de travailler sur un projet innovant. D’ici mi-2023, les producteurs et organisations de producteurs partenaires de Kaoka s’engageront au travers d’accords de conservation à protéger et à valoriser les forêts de leurs régions et à limiter l’extension des exploitations agricoles. Nous ne manquerons pas de vous en dire plus d’ici quelques mois.

Nous espérons que cet article vous a été utile. Si ce sujet vous intéresse ou vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à nous contacter.


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