El Niño 2026 : quels potentiels impacts pour les filières cacao ?
Températures records, pluies intenses, risques de sécheresse dans plusieurs régions productices … Le phénomène climatique El Niño est de retour et pourrait fortement influencer les récoltes de cacao dans les mois à venir.

Chez Kaoka, nous suivons son évolution au plus près avec nos partenaires producteurs afin d’anticiper ses conséquences sur nos filières.
Des conditions climatiques déjà inhabituelles
De retour d’une mission de quinze jours au Pérou et en Équateur en juin dernier, Guy Deberdt, directeur général de Kaoka, et Sébastien Balmisse, directeur filières, nous ont confié n’avoir «jamais eu aussi chaud» en 26 ans de collaboration avec nos partenaires équatoriens.

Selon les dernières prévisions de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) publiées en octobre 2026, El Niño est désormais bien établi et continue de se renforcer.
L’organisation estime à près de 100% la probabilité que le phénomène persiste jusqu’en février 2027, avec une intensification attendue d’ici la fin de l’année.
Qu’est-ce qu’El Niño ?
El Niño est un phénomène climatique naturel, son déclenchement n’est pas directement causé par l’activité humaine. En revanche, le réchauffement climatique global pourrait influencer sur sa fréquence et son intensité.
Il prend naissance dans l’océan Pacifique tropical et se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface le long de l’Équateur, depuis le Pacifique central jusqu’aux côtes de l’Amérique du Sud.
Ce réchauffement des océans provoque ensuite une perturbation du climat à l’échelle mondiale.

Ses conséquences varient selon les régions : sécheresses, pluies intenses, inondations qui perturbent en ricochet les récoltes. Ces événements menacent la sécurité alimentaire et touchent en premier lieu les agriculteurs.
El Niño en chiffres
| Indicateur | Donnée clé |
|---|---|
| 📅 Fréquence | Tous les 2 à 7 ans |
| ⏳Durée moyenne | 9 à 12 mois |
| 📈Dernier épisode | 2023-2024, classé parmi les plus intenses jamais observés |
Quels sont les effets d’El Niño sur la culture du cacao ?
Les conséquences d’El Niño varient selon les régions. Certaines zones peuvent connaître des déficits de pluie importants, tandis que d’autres subissent au contraire des précipitations excessives.

Dans les deux cas, les cacaoyers peuvent être impactés.
☀️ En cas de sécheresse :
- Sous stress hydrique, la première réponse des cacaoyers est la fermeture des stomates pour limiter les pertes d’eau, ce qui ralentit la photosynthèse,
- Les cabosses qui arrivent à maturité sont souvent plus petites, entraînant une possible baisse des rendements,
- Les cacaoyers restent affaiblis pendant plusieurs mois après un épisode de sécheresse.
💧En cas de fortes pluies :
- L’humidité favorise le développement de maladies fongiques.
- Les plantations inondées deviennent inaccessibles, empêchant de récolter. Lorsque l’inondation se prolonge, elle peut entraîner la mortalité des arbres par asphyxie racinaire.
- Une humidité excessive peut altérer la qualité des fèves (séchage difficile).
Pourquoi El Niño inquiète-t-il la filière cacao ?
Pour la filière cacao, l’enjeu n’est pas seulement la baisse des volumes récoltés. Les épisodes climatiques extrêmes peuvent également affecter la qualité des fèves, le rythme des récoltes et l’organisation logistique des producteurs.
Quels impacts dans les filières Kaoka ?
El Niño n’a pas les mêmes effets partout. Les conséquences observées dépendent des régions, des saisons et de l’interaction avec d’autres facteurs climatiques. Dans nos filières, nous suivons donc plusieurs risques susceptibles d’affecter les cacaoyers et les récoltes.
| Pays / Région | Les principaux risques climatiques liés à El Niño |
|---|---|
| Pérou (versant amazonien) et São Tomé | Risque accru de sécheresses ☀️ |
| Équateur et Pérou (versant pacifique) | Risque accru de fortes pluies et d’inondations 💧 |
| République dominicaine | Risque de sécheresses ☀️ |
Comment nos filières s’adaptent-elles face aux aléas climatiques ?
Les effets d’El Niño ne peuvent pas être évités, mais certaines pratiques permettent d’en limiter les conséquences comme diversifier les parcelles, développer l’agroforesterie et adapter les parcelles à leur environnement.

Depuis de nombreuses années, les producteurs partenaires de Kaoka développent des parcelles plus diversifiées, avec des arbres d’ombrage et des systèmes agroforestiers qui contribuent à mieux protéger les cacaoyers contre les épisodes de chaleur intense et les variations climatiques.
Cet accompagnement de long terme renforce la capacité des producteurs à préparer la culture du cacao de demain.
Cette approche fait aujourd’hui partie intégrante de la vision de Kaoka pour construire des filières cacao plus résilientes face au changement climatique.
Comment anticipe-t-on la situation chez Kaoka ?
À ce stade, il est encore trop tôt pour mesurer précisément l’impact qu’El Niño pourrait avoir sur les récoltes 2026/2027 dans nos filières.
Les températures de surface de la mer dans le Pacifique tropical central et oriental devraient atteindre des niveaux record dans les prochains mois. Selon l’OMM, cet épisode El Niño pourrait compter parmi les plus intenses observés depuis au moins 1950.

Chez Kaoka, nous poursuivons notre suivi aux côtés de nos coopératives partenaires grâce :
- aux échanges quotidiens avec nos producteurs partenaires,
- aux observations réalisées lors de nos missions sur le terrain,
- au suivi agronomique des plantations,
- aux données diffusées par les organismes météorologiques internationaux.
Parce que la construction de filières cacao plus justes et plus résilientes, repose aussi sur une bonne compréhension des défis auxquels font face les producteurs.
Vos questions sur El Niño et le cacao
- El Niño va-t-il forcément entraîner une baisse des récoltes de cacao ?
Non. La présence d’El Niño ne signifie pas automatiquement une baisse des récoltes de cacao. Ses effets varient fortement selon les régions et les conditions météorologiques réellement observées localement. Sécheresses, excès de pluie ou inondations peuvent affecter les cacaoyers et les récoltes, mais leur ampleur dépend de nombreux facteurs. Les conséquences sur les volumes récoltés ne pourront donc être évaluées qu’au fil de l’évolution des conditions climatiques et des récoltes.
- Pourquoi le cacao est-il particulièrement sensible aux aléas climatiques ?
Le cacaoyer a besoin d’un équilibre précis entre chaleur, humidité et précipitations. Les sécheresses comme les excès d’eau peuvent perturber les rendements et la qualité.
- Les systèmes agroforestiers permettent-ils de limiter les impacts ?
L’agroforesterie ne permet pas d’empêcher les effets d’un phénomène climatique comme El Niño. Elle peut toutefois contribuer à créer des conditions plus favorables aux cacaoyers face à certains aléas, notamment grâce à l’ombrage et au maintien de l’humidité des sols. Son rôle est donc davantage d’aider les plantations à faire face à certaines variations climatiques que de les protéger des événements extrêmes.
- Quand connaîtra-t-on les conséquences réelles d’El Niño 2026 ?
Les premiers effets devraient être observés à partir de la fin de l’année 2026. Une évaluation plus précise pourra être réalisée au fil des récoltes 2026-2027.
Si vous avez d’autres questions ou souhaitez obtenir davantage de précisions, vous pouvez nous envoyer vos questions depuis notre formulaire de contact. Nous serons ravis d’échanger avec vous !